Démissionner pour créer son entreprise : ce qu’il faut anticiper

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Plusieurs entrepreneurs bordelais rencontrés au fil de mes reportages ont fait le même choix : quitter un poste salarié stable pour se consacrer à leur projet. La démission pour créer son entreprise est une décision qui se prépare, bien plus qu’elle ne se décide sur un coup de tête. Voici les points qu’il me semble essentiel d’anticiper, étant précisé que chaque situation mérite d’être vérifiée auprès des organismes compétents.

Le régime de démission « légitime »

Contrairement à une idée reçue, démissionner ne signifie pas automatiquement perdre tout droit aux allocations chômage. Depuis quelques années, un dispositif permet à certains salariés de percevoir l’allocation chômage après une démission, à condition de présenter un projet de création ou de reprise d’entreprise jugé réel et sérieux, validé par une commission régionale. Les conditions d’ancienneté et de procédure sont précises et méritent d’être vérifiées directement auprès de France Travail avant toute démarche.

Construire un projet solide avant de partir

Quel que soit le dispositif envisagé, la solidité du projet reste le point central. Cela suppose généralement une étude de marché, même modeste, un prévisionnel financier réaliste et une idée claire du statut juridique retenu, qu’il s’agisse d’une micro-entreprise ou d’une société. Plusieurs entrepreneurs que j’ai interviewés m’ont confié avoir préparé leur projet plusieurs mois avant de quitter officiellement leur poste, en soirée et le week-end, pour ne pas partir dans l’incertitude totale.

Les points à vérifier avant de démissionner

  • L’éligibilité au dispositif de démission pour projet de reconversion
  • Les délais de carence et de versement des allocations concernées
  • Le choix du statut juridique adapté au projet, avec l’URSSAF comme interlocuteur social
  • L’éligibilité à l’ACRE pour alléger les charges de la première année
  • Les besoins de financement, à étudier notamment auprès de BPI France

Anticiper le volet financier

Au-delà des allocations éventuelles, prévoir une réserve financière personnelle reste une précaution largement recommandée par les entrepreneurs que j’ai pu interroger, le temps que l’activité démarre réellement. Pour les besoins de financement plus structurants, BPI France propose différents dispositifs d’accompagnement, prêts ou garanties, qu’il est utile d’explorer en amont plutôt qu’une fois la démission actée.

Se faire accompagner dans la démarche

La procédure de démission pour création d’entreprise implique plusieurs étapes administratives, notamment auprès de France Travail et, selon le statut choisi, de l’URSSAF. Les chambres de commerce et d’industrie proposent souvent un accompagnement gratuit ou à tarif réduit pour structurer le projet et sécuriser ces démarches, un appui que plusieurs entrepreneurs locaux m’ont dit avoir trouvé précieux.

Mon conseil

Avant toute démission, je recommande de prendre contact directement avec France Travail et, selon les cas, un conseiller en création d’entreprise, plutôt que de se fier uniquement à des témoignages ou à des informations générales. Chaque situation professionnelle est différente, et seuls les organismes officiels peuvent confirmer précisément les droits et les démarches applicables à un projet donné.


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